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Half Bad : les coulisses de la publication

18 juin 2014

Half Bad : les coulisses de la publication

Traduit dans près de 50 langues, vendu à des milliers d’exemplaires en Angleterre et aux États-Unis, bientôt adapté au cinéma, Half Bad fait déjà beaucoup parler de lui alors que sa sortie dans l’hexagone ne se fera que dans quelques mois… Nous sommes allés à la rencontre de l’éditrice française de ce roman, Chloë Moncomble, pour en savoir un peu plus sur la version française de cette saga.

 

Comment s’est passée votre rencontre avec cette série ?

Chloë Moncomble : J’ai reçu le texte le 25 mars 2013. La plupart du temps, se sont mes équipes qui font la première lecture des manuscrits (nous en recevons plus de 800 par an) mais je ne sais pas pourquoi, j’ai voulu lire celui-ci tout de suite. Je l’ai dévoré pendant les vacances de Pâques et j’ai tout de suite été surprise par l’écriture, les personnages qui ne sont pas cousus de fil blanc. C’est un texte sans poncif, très sombre, sans espoir. Il m’a rappelé des textes forts que nous avions déjà publiés comme « Entre chiens et loups ». On est entrainé dans un brouillard ou rien n’est palpable, il y a une fuite en avant dans laquelle le lecteur est pris avec Nathan, le personnage principal. C’est ce qui fait la force de ce roman, on n’est pas dans une description solide et distanciée mais dans une ambiance, quelque chose de très sensoriel. Le sentiment d’injustice qui traverse tout ce roman est aussi quelque chose qui m’a beaucoup touchée et qui, je pense, parlera aussi aux lecteurs.

 

Les négociations pour les droits ont-elles été difficiles ?

CM : J’ai rapidement décidé de faire une offre mais j’ai quand même voulu connaître le synopsis complet de la série pour savoir où nous allions. Nous avons été le premier éditeur étranger à faire une proposition juste après les Etats-Unis. J’ai envoyé une offre chiffrée le 4 avril mais j’ai surtout expliqué dans ma lettre combien le roman m’avait séduite et c’est a priori ce qui a fait la différence. Le 8 avril, nous avions les droits pour la France. J’ai eu la chance d’avoir le bon feeling au bon moment.

 

Quelles ont été les difficultés rencontrées avec la traduction ?

CM : Nous avons beaucoup échangé avec la traductrice et l’auteur autour du vocabulaire qui est propre à l’univers d’Half Bad. Par exemple, Sally Green utilise le mot « witch » indifféremment pour les hommes et les femmes. Dans le livre, cela montre que les sociétés de sorcières sont essentiellement matriarcales. Nous voulions rendre cette idée mais il nous était très difficile d’appeler le père de Nathan « sorcière ». Ça ne passait vraiment pas en français. Nous avons donc pris le parti d’utiliser le mot « sorcier » même si ça nous éloigne un petit peu de l’écriture de l’auteur. Un autre exemple est celui du mot « whet » qui désigne les sorciers de moins de 17 ans. En anglais c’est un mot-valise qui signifie « aiguisé, affuté » et qui est aussi une contraction du mot witch. Nous l’avons traduit en français par « acumen » qui vient du latin et a le sens de « piquant » mais aussi d’ »intelligent », de « subtile ».

 

Et pour le titre ? Quelles ont été vos pistes ?

CM : Nous avons vraiment essayé de ne pas l’appeler Half Bad ! Plein de propositions ont été lancées lors d’un brainstorming comme « Chasseur d’âmes », « ombre blanche » ou encore « sang mêlé »… Mais nous avons finalement décidé de garder le titre du tome 1 anglais pour la série française. Le premier tome s’appelle donc  Half Bad : Traque blanche  et le second  Half Bad : Nuit rouge

 

Vous avez gardé le titre anglais mais changé la couverture. Pourquoi ?

CM : Nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup hésité ! Tous les éditeurs des autres pays ont pris la couverture originale. Nous avons voulu faire un essai en gardant la possibilité d’acheter la couverture VO si nos tentatives ne nous plaisaient pas. Nous avons cherché des idées autour d’images de toile d’araignée ou encore d’hélice d’ADN… Mais l’idée de la cage, de l’enfermement nous semblait être la plus forte. Nous avons d’abord fait appel à des illustrateurs mais ça n’a pas été concluant. Un matin, nous avons arrêté notre photographe qui passait dans la cour pour lui demander de faire un essai. Notre directeur artistique a accroché sa main au grillage du garage à vélo et voilà ! Nous avons ensuite retravaillé l’image pour la rendre moins propre, plus sombre et nous avons ajouté des tatouages sur un ongle. Il faudra lire le livre pour savoir pourquoi !

Le livre est parti à l’impression. Sa sortie est prévue pour le 24 septembre. Comment vivez-vous cette attente ?

CM : Je suis assez sereine. Mon travail est fini et j’ai passé le relais aux autres équipes qui portent ce projet pour l’amener jusqu’en librairie et aux lecteurs. Je suis pleine d’espoir pour cette série mais même si elle est particulière, j’ai à côté d’autres très beaux projets qui me tiennent à coeur. J’ai vraiment envie de défendre chaque texte que nous choisissons de publier et de les voir trouver leur public.

 

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